L'assurance vie est le placement préféré des Français depuis des décennies. Le PER (Plan d'Épargne Retraite) est plus récent, créé en 2019, et monte en puissance. Les deux offrent des avantages fiscaux importants — mais ils ne répondent pas aux mêmes objectifs. Comment choisir après 60 ans ?
Les différences fondamentales
Le budget 2026 relève la CSG sur les revenus du capital (livrets, PEA, épargne salariale), portant les prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 %. L'assurance vie est exonérée de cette hausse : elle reste à 17,2 % (CSG 9,2 %). Le PER, lui, y est soumis sur les gains issus de versements déductibles (18,6 %). Après 60 ans, cet écart renforce l'avantage de l'assurance vie — sauf si vous êtes encore en activité avec une tranche marginale d'imposition élevée.
La fiscalité de l'assurance vie
L'assurance vie bénéficie d'une fiscalité progressive selon l'ancienneté du contrat :
| Ancienneté du contrat | Imposition des plus-values | Abattement annuel |
|---|---|---|
| Moins de 4 ans | PFU 30% (12,8% IR + 17,2% PS) | Aucun |
| Entre 4 et 8 ans | PFU 30% (12,8% IR + 17,2% PS) | Aucun |
| Plus de 8 ans | 7,5% IR + 17,2% PS (si encours < 150 000 €) | 4 600 € (personne seule) / 9 200 € (couple) |
En pratique, après 8 ans, un couple peut retirer chaque année jusqu'à 9 200 € de plus-values en totale franchise d'impôt (hors prélèvements sociaux). C'est un avantage considérable pour générer des revenus complémentaires à la retraite.
La fiscalité du PER
Le PER fonctionne sur une logique opposée : avantage fiscal à l'entrée, imposition à la sortie.
Les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable dans la limite d'un plafond annuel (10 % des revenus professionnels nets de l'année précédente, avec un plafond maximum de 37 094 € pour les versements de 2025 (37 680 € pour 2026)). Pour un contribuable à 41% de TMI qui verse 10 000 €, l'économie fiscale immédiate est de 4 100 €.
À la sortie (retraite), les versements récupérés sont imposés au barème de l'IR (TMI retraite). Depuis le budget 2026, la CSG sur les revenus du capital passe à 10,6 % : les prélèvements sociaux sur les gains du PER issus de versements déductibles montent de 17,2 % à 18,6 %. Les plus-values retirées en capital sont donc taxées à 12,8 % d'IR + 18,6 % de PS, soit 31,4 %. L'assurance vie, elle, échappe à cette hausse : sa CSG reste à 9,2 % et ses prélèvements sociaux à 17,2 % (barèmes 2026).
Si vous êtes déjà à la retraite ou proche de la retraite, l'intérêt du PER se réduit. La déduction fiscale est utile surtout si vous êtes encore en activité avec un revenu élevé. Une fois retraité, votre TMI a souvent baissé — l'avantage à l'entrée est moins significatif.
L'enjeu de la transmission : avantage décisif à l'assurance vie
C'est sur la transmission que l'assurance vie prend un avantage décisif sur le PER, en particulier avant 70 ans.
- Assurance vie (versements avant 70 ans) : 152 500 € exonérés par bénéficiaire désigné, puis 20% jusqu'à 852 500 €. Ces capitaux sont transmis hors succession.
- Assurance vie (versements après 70 ans) : abattement global de 30 500 €, le reste intègre la succession.
- PER : en cas de décès avant la liquidation, le capital est transmis selon des règles similaires à l'assurance vie si le décès survient avant 70 ans. Après 70 ans, intégration dans la succession (droits classiques).
Maximisez vos versements sur l'assurance vie avant 70 ans pour profiter du régime favorable sur la transmission. Si vous êtes encore en activité et très imposé, le PER reste pertinent pour réduire votre impôt maintenant — mais anticipez la fiscalité à la sortie. Pour aller plus loin sur l'angle transmission, consultez notre dossier sur le don de 100 000 € sur la résidence principale (barème 2026), qui se combine très bien avec une stratégie assurance vie.
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L'assurance vie et le PER ne sont pas concurrents — ils sont complémentaires. L'assurance vie excelle sur la flexibilité, la transmission et les retraits en douceur. Le PER est imbattable sur la réduction fiscale à l'entrée pour les contribuables encore en activité.
Après 60 ans, la priorité est souvent l'assurance vie : maximisez vos versements avant 70 ans pour sécuriser la transmission à vos proches. Si vous êtes encore imposable sur des revenus élevés, combinez avec un PER pour réduire votre facture fiscale immédiate.
Sources officielles
- → impots.gouv.fr — L'assurance vie et la succession
- → economie.gouv.fr — Comment fonctionne le PER individuel ?
- → Légifrance — Article 990 I du CGI (fiscalité AV au décès)
- → service-public.fr — Plan d'épargne retraite (PER)
- → service-public.fr — Prélèvements sociaux sur les revenus du capital (barèmes 2026)
Questions fréquentes
› Assurance vie ou PER : que choisir après 60 ans ?
Après 60 ans, l'assurance vie est généralement plus avantageuse : disponibilité totale, fiscalité allégée après 8 ans (abattement de 9 200 €/an pour un couple), et transmission exonérée jusqu'à 152 500 € par bénéficiaire pour les versements avant 70 ans. Le PER n'est pertinent que si vous êtes encore en activité avec une tranche marginale d'imposition ≥ 30 %.
› Peut-on déduire ses versements PER après 70 ans ?
Non. Depuis le 1er janvier 2026, les versements volontaires sur un PER ne sont plus déductibles du revenu imposable si le souscripteur a 70 ans ou plus au moment du versement (Loi de finances 2026). Les versements restent techniquement possibles mais perdent leur principal avantage fiscal.
› Quelle est la fiscalité de l'assurance vie après 8 ans ?
Après 8 ans, les plus-values retirées bénéficient d'un abattement annuel de 4 600 € (personne seule) ou 9 200 € (couple marié ou pacsé). Au-delà, l'imposition est de 7,5 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux pour les encours inférieurs à 150 000 €. Ce taux global de 24,7 % est bien inférieur au PFU de 30 %.
› Comment fonctionne la transmission de l'assurance vie ?
Les capitaux transmis au décès bénéficient d'un abattement de 152 500 € par bénéficiaire désigné pour les primes versées avant 70 ans (article 990 I du CGI). Au-delà, un prélèvement de 20 % s'applique jusqu'à 700 000 € de part taxable, puis 31,25 % au-delà. Ces capitaux sont transmis hors succession.
› Peut-on débloquer son PER avant la retraite ?
Oui, dans 6 cas légaux : invalidité du titulaire ou de son conjoint, décès du conjoint, surendettement, expiration des droits au chômage, liquidation judiciaire, et acquisition de la résidence principale. En dehors de ces cas, le capital est bloqué jusqu'à la retraite — contrairement à l'assurance vie, disponible à tout moment.
› Les prélèvements sociaux augmentent-ils en 2026 pour l'assurance vie ?
Non. Le budget 2026 relève la CSG sur les revenus du capital (livrets, PEA, épargne salariale), portant les prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 %. Mais l'assurance vie fait partie des produits exonérés de cette hausse : sa CSG reste à 9,2 % et ses prélèvements sociaux à 17,2 % (barèmes 2026). Un argument de plus en faveur de l'assurance vie après 60 ans.
› Le PER est-il concerné par la hausse de la CSG 2026 ?
Oui, en partie. Les gains d'un PER issus de versements déductibles subissent la hausse : leurs prélèvements sociaux passent de 17,2 % à 18,6 % en 2026. Sur un retrait en capital, les plus-values sont taxées à 12,8 % d'IR + 18,6 % de PS, soit 31,4 %. L'écart de fiscalité à la sortie avec l'assurance vie (17,2 %) se creuse donc en 2026.