7 013
CIF inscrits à l'ORIAS fin 2024, dont 94 % de CGP (AMF, déc. 2025)
7 %
des CIF exercent un conseil exclusivement indépendant au sens MIF 2 (AMF, déc. 2025)
12 %
part des honoraires dans les revenus des CGP ; les rétrocessions dominent encore (AMF, déc. 2025)

Qu'est-ce qu'un conseiller en gestion de patrimoine, et que peut-il faire pour vous ?

Un conseiller en gestion de patrimoine (CGP) est un professionnel qui analyse l'ensemble de votre situation — actifs, dettes, fiscalité, famille, retraite, transmission — pour vous proposer une stratégie cohérente. Contrairement à un vendeur de produits, son rôle est d'arbitrer pour vous, pas de placer un contrat.

En pratique, les conseillers en gestion de patrimoine représentent 94 % des conseillers en investissements financiers (CIF) en France et génèrent 80 % du chiffre d'affaires de la profession (AMF, chiffres clés CIF 2024, publiés en décembre 2025). Leur clientèle est composée à plus de 90 % d'épargnants particuliers. Un bon CGP doit savoir intervenir sur six terrains :

  • Le bilan patrimonial : inventaire de vos biens, dettes, revenus et objectifs ;
  • La stratégie fiscale : réduction d'impôt, IFI, arbitrages de revenus ;
  • Les placements : assurance vie, PER, SCPI, comptes-titres, immobilier de rapport ;
  • La transmission : donation, démembrement, assurance vie, réserve héréditaire ;
  • La protection du conjoint : régime matrimonial, prévoyance, clause bénéficiaire ;
  • L'immobilier patrimonial : SCI, démembrement, fiscalité foncière.

L'avantage d'un CGP par rapport à un conseiller bancaire : il peut vous recommander une stratégie qui n'implique aucun produit financier — une simple donation, par exemple — là où un réseau ne propose que ses propres solutions.

CGP de banque, indépendant ou cabinet pluridisciplinaire : quelles différences ?

Le même titre de « conseiller en gestion de patrimoine » recouvre trois métiers très différents, encadrés par des statuts distincts et donc trois rapports à votre argent. La distinction la plus structurante est le mode de rémunération.

CritèreCGP de banqueCGP indépendantCabinet pluridisciplinaire
StatutSalariéLibéral (CIF inscrit ORIAS)Libéral, associé
Gamme de produitsLimitée au groupeMarché ouvert (dizaines d'acteurs)Marché ouvert + ingénierie
Rémunération côté clientPas de facture directeHonoraires et/ou rétrocessionsHonoraires majoritaires
Conflit d'intérêts principalObjectifs internes du groupeRétrocessions sur produits placésFaible si 100 % honoraires
Adapté àPatrimoine simplePatrimoine 200 k€ à 2 M€Patrimoine 1 M€ et plus

Synthèse Leganeos d'après les statuts CIF (Code monétaire et financier) et les pratiques de marché observées en 2026.

Le « 0 € » apparent d'un conseiller bancaire n'est pas gratuit : sa rémunération est intégrée aux frais des produits souscrits (frais de gestion d'assurance vie, frais d'entrée de SCPI). Un CGP indépendant facturant en honoraires n'est pas forcément plus cher au total : il est surtout plus transparent. Nous détaillons cette mécanique dans notre article satellite CGP indépendant : pourquoi son statut change tout.

Comment vérifier un CGP : ORIAS, AMF et association agréée

Avant tout premier rendez-vous, demandez le numéro ORIAS du conseiller et vérifiez-le gratuitement sur orias.fr. « Conseiller en gestion de patrimoine » n'est pas un titre protégé en France : n'importe qui peut l'afficher. Ce qui est protégé, ce sont les statuts d'activité, et leur vérification prend deux minutes.

Le statut clé est celui de Conseiller en Investissements Financiers (CIF), défini par les articles L541-1 et suivants du Code monétaire et financier et placé sous le contrôle de l'AMF. Pour l'obtenir, le professionnel doit justifier d'un diplôme reconnu, réussir l'examen certifié AMF (obligatoire depuis le 1ᵉʳ janvier 2020), adhérer à une association agréée par l'AMF, souscrire une assurance responsabilité civile professionnelle et s'inscrire à l'ORIAS.

Statut ORIASCe qu'il autoriseAutorité de tutelle
CIFConseil sur les placements financiers (assurance vie UC, SCPI, OPC, PEA)AMF
COACourtage en contrats d'assurance et de prévoyanceACPR
IOBSPIntermédiation en crédit et services de paiementACPR
CIPConseil en investissement participatif (financement participatif)AMF

Source : registre ORIAS (orias.fr) et AMF. Un cabinet patrimonial complet cumule fréquemment CIF + COA + IOBSP.

Un cabinet de gestion de patrimoine complet cumule généralement plusieurs statuts. C'est d'ailleurs la norme : selon l'AMF, 92 % des CIF sont aussi intermédiaires en assurance et 62 % détiennent une habilitation crédit (IOBSP). Quatre associations agréées encadrent la profession : l'ANACOFI-CIF (43 % des inscrits), la CNCEF (22 %), la CNCGP (29 %) et la Compagnie CIF (6 %) — chiffres AMF pour l'exercice 2024. Demandez à votre conseiller son association : elle assure son contrôle et sa formation continue.

Les 5 signaux d'alerte avant de signer

Aucun numéro ORIAS communiqué ; pression à signer dès le premier rendez-vous sans audit ni délai de réflexion ; gamme limitée à un ou deux producteurs ; refus d'écrire le mode de rémunération ; promesses de rendement chiffrées et garanties sur des produits qui ne le sont pas (interdit par l'AMF). Aucun de ces signaux n'est isolément une preuve de malhonnêteté, mais leur accumulation doit vous faire reculer.

Indépendant au sens MIF 2 : la nuance qui change tout

Un cabinet peut exercer en libéral, s'appeler « Conseil Patrimonial Indépendant » et ne pas être indépendant au sens réglementaire. La directive européenne MIF 2 (2014/65/UE, transposée en droit français en 2018) distingue deux types de conseil, et seul le second donne droit à l'appellation « indépendant » :

  • Le conseil non indépendant : le CGP peut percevoir des rétrocessions des producteurs (sociétés de gestion, assureurs). C'est le modèle dominant en France.
  • Le conseil indépendant au sens MIF 2 : le CGP ne perçoit aucune rétrocession, se rémunère exclusivement par honoraires payés par le client, et compare un éventail large de produits de différents émetteurs.

Les chiffres officiels remettent les choses à leur place. En 2024, selon l'AMF : 81 % des CIF exercent en conseil non indépendant (5 143 structures), 12 % combinent les deux modèles (734 structures) et seulement 7 % se déclarent exclusivement indépendants (458 structures). Le mot « indépendant » dans un nom commercial ne suffit donc pas : seule la position MIF 2 inscrite dans la convention écrite fait foi.

Le test à demander par écrit

« Êtes-vous indépendant au sens de la directive MIF 2 ? Percevez-vous des rétrocessions des sociétés de gestion ou des compagnies d'assurance ? » La réponse doit être claire, écrite, et figurer dans le document d'entrée en relation avant toute souscription. Depuis MIF 2, ces rétrocessions doivent de toute façon vous être divulguées, montant et nature compris.

Combien coûte un CGP en 2026 ?

Les honoraires d'un CGP dépendent du périmètre de la mission : comptez 800 à 2 500 € pour un bilan patrimonial complet, et 0,5 à 1 % des encours par an pour une gestion conseillée. Voici les ordres de grandeur observés sur le marché français en 2026, hors banques privées haut de gamme.

Type de missionCoût indicatif 2026Durée typique
Bilan patrimonial complet800 à 2 500 €2 à 3 rendez-vous, 4-8 semaines
Structuration succession / donation1 500 à 4 000 €1 à 3 mois (avec notaire)
Optimisation fiscale ponctuelle500 à 1 500 €1 à 2 rendez-vous
Gestion conseillée annuelle0,5 à 1 % des encours ou 1 200-3 000 €/anSuivi continu
Conseil ponctuel à l'heure150 à 350 €/heureÀ la demande
CGP de banque (apparente gratuité)0 € facturé — coût intégré aux frais des produits

Ordres de grandeur observés sur le marché français en 2026 (synthèse Leganeos). Demandez toujours un devis écrit avant engagement.

Ces honoraires directs restent minoritaires dans les revenus de la profession. Selon l'AMF, en 2024 la rémunération des CGP provenait encore à 60 % des rétrocessions sur droits d'entrée et de sortie, à 28 % des rétrocessions sur frais de gestion, et seulement à 12 % d'honoraires facturés en direct — une part toutefois en hausse, signe d'une transparence qui progresse. Concrètement : pour un patrimoine inférieur à 200 000 €, une mission ponctuelle suffit généralement ; au-delà, un suivi récurrent prend du sens autour des moments-clés (retraite, transmission, vente immobilière).

Les 6 critères pour choisir un bon CGP

Au-delà du statut, six critères concrets permettent de trier les conseillers une fois leur inscription ORIAS vérifiée. Ils valent pour un premier rendez-vous, qui doit toujours précéder tout engagement.

CritèreCe qu'il faut vérifier
HabilitationNuméro ORIAS valide, statut CIF, association agréée AMF, RC pro
Transparence tarifaireMode de rémunération écrit : honoraires, rétrocessions, frais annuels totaux
Indépendance réellePosition MIF 2 confirmée par écrit (voir section dédiée)
Spécialisation seniorRéférences clients 55-75 ans, expertise succession / retraite / transmission
Largeur d'offreNombre de sociétés de gestion et d'assureurs réellement accessibles
Pédagogie et suiviÉcoute > vente le 1ᵉʳ jour, plan d'action écrit, fréquence de suivi définie

En pratique, un bon réflexe consiste à poser sept questions au premier rendez-vous : numéro ORIAS et statuts ; indépendance au sens MIF 2 ; mode de rémunération sur la mission ; nombre de producteurs accessibles ; périmètre de conseil (un CGP ne fait pas tout) ; exemple anonymisé de bilan déjà rédigé ; association agréée, RC pro et garantie financière. Le détail de chaque réponse attendue figure dans notre guide satellite consacré au statut du CGP indépendant.

Le conseil Leganeos

Le meilleur signal d'un bon CGP, ce n'est ni son éloquence ni ses années d'expérience : c'est sa transparence sur l'argent. Un conseiller qui ouvre lui-même la conversation sur sa rémunération avant que vous ne posiez la question est presque toujours un bon conseiller. Celui qui esquive, même poliment, mérite votre méfiance.

Quand consulter un CGP : 4 moments-clés après 55 ans

On n'a pas besoin d'un CGP en permanence : quatre fenêtres de la vie patrimoniale justifient un premier rendez-vous. En dehors de ces moments, de la lecture autonome et un suivi bancaire correct peuvent suffire pour un patrimoine simple.

  1. Le cap des 55-60 ans (préparation retraite) : arbitrer assurance vie / PER, lisser la fiscalité de la liquidation, équilibrer fonds euros et unités de compte pour les 15-25 ans suivants.
  2. Le cap des 65-70 ans (transmission) : les abattements de donation se renouvellent tous les 15 ans — à 65 ans, vous pouvez encore donner 100 000 € par enfant en franchise de droits (article 779 du CGI), une fenêtre fermée si vous attendez trop.
  3. Un événement patrimonial : succession reçue, vente immobilière importante, divorce, départ à l'étranger. Un point CGP est utile dans les 3 à 6 mois, car les bons réflexes (réemploi de fonds, choix du régime fiscal) ont des délais légaux.
  4. Un patrimoine net supérieur à 500 000 € : au-delà de ce seuil, les leviers fiscaux et successoraux (abattements, IFI, démembrement, holding) deviennent significatifs et l'économie dépasse largement les honoraires.
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Questions fréquentes

Comment vérifier qu'un conseiller en gestion de patrimoine est habilité ?
Demandez son numéro ORIAS et vérifiez-le gratuitement sur orias.fr. Un vrai CGP doit y être inscrit comme Conseiller en Investissements Financiers (CIF), statut placé sous le contrôle de l'AMF (articles L541-1 et suivants du Code monétaire et financier). Un cabinet complet cumule souvent CIF, COA (assurance) et IOBSP (crédit). Le numéro ORIAS doit figurer sur la carte de visite, le site et la convention d'entrée en relation. Sans inscription ORIAS, personne ne peut légalement vous recommander un placement financier en France.
Combien coûte un conseiller en gestion de patrimoine en 2026 ?
Ordres de grandeur 2026 : 800 à 2 500 € pour un bilan patrimonial complet, 1 500 à 4 000 € pour une structuration successorale, 150 à 350 €/heure pour un conseil ponctuel, et 0,5 à 1 % des encours par an pour une gestion conseillée. Chez un CGP non indépendant, ce coût n'est pas facturé en direct : il est intégré aux frais des produits. Selon l'AMF (déc. 2025), les honoraires ne représentent encore que 12 % des revenus des CGP, les rétrocessions restant majoritaires.
Quelle différence entre un CGP indépendant et un CGP de banque ?
Le CGP de banque est salarié : il ne propose, par contrat, que les produits de son groupe. Le CGP indépendant exerce en libéral, inscrit ORIAS sous le statut CIF, et peut sélectionner des produits parmi plusieurs dizaines de sociétés de gestion et d'assureurs. Attention : « indépendant » dans un nom commercial ne suffit pas. Seul le conseil indépendant au sens MIF 2 — sans rétrocession, rémunéré uniquement par honoraires — donne droit à cette appellation. En 2024, seuls 7 % des CIF se déclarent exclusivement indépendants (AMF, déc. 2025).
Un CGP qui se dit indépendant l'est-il vraiment ?
Pas automatiquement. Depuis la directive MIF 2 (2014/65/UE, transposée en 2018), le conseil « indépendant » suppose que le professionnel ne perçoit aucune rétrocession des producteurs et se rémunère exclusivement par honoraires. Or 81 % des CIF exercent en conseil non indépendant et 12 % combinent les deux modèles (AMF, chiffres clés CIF 2024). Le test : demandez par écrit « Êtes-vous indépendant au sens de MIF 2 ? Percevez-vous des rétrocessions ? ». La réponse doit figurer dans la convention écrite remise avant toute souscription.
Quand faut-il consulter un CGP après 60 ans ?
Quatre fenêtres : vers 55-60 ans pour préparer la retraite et arbitrer assurance vie / PER ; vers 65-70 ans pour organiser la transmission tant que les abattements de donation (100 000 € par enfant tous les 15 ans, article 779 du CGI) sont mobilisables ; après un événement patrimonial (succession, vente, divorce) dans les 3 à 6 mois ; et dès que le patrimoine net dépasse environ 500 000 €, seuil à partir duquel les leviers fiscaux dépassent largement le coût du conseil.
Quels sont les signaux d'alerte face à un faux conseiller ?
Cinq red flags : aucun numéro ORIAS communiqué ; pression à signer dès le premier rendez-vous, sans audit ni délai de réflexion ; gamme limitée à un ou deux producteurs alors que le marché en compte des centaines ; refus d'écrire le mode de rémunération ; et promesses de rendement chiffrées et garanties sur des produits qui ne le sont pas (SCPI, unités de compte), ce qui est interdit par l'AMF. Leur accumulation doit vous faire reculer.

À retenir

  • 7 013 CIF exercent en France fin 2024, dont 94 % de CGP (AMF, déc. 2025).
  • Vérifiez toujours le numéro ORIAS sur orias.fr et le statut CIF (contrôle AMF) avant le premier rendez-vous.
  • Seuls 7 % des CIF sont indépendants au sens MIF 2 : « indépendant » dans le nom ne suffit pas, exigez la position écrite.
  • Frais 2026 : 800 à 2 500 € pour un bilan, 0,5 à 1 % des encours/an en gestion conseillée ; le « gratuit » bancaire est un coût intégré aux produits.
  • Quatre moments-clés : 55-60 ans (retraite), 65-70 ans (transmission), un événement patrimonial, un patrimoine net > 500 000 €.
  • Le meilleur signal d'un bon CGP : sa transparence sur sa rémunération.

Sources publiques

  • AMF — « Chiffres clés des conseillers en investissements financiers (CIF) 2024 » (décembre 2025, données exercice 2024)
  • ORIAS — registre unique des intermédiaires (orias.fr), rapport annuel 2024
  • Code monétaire et financier — articles L541-1 et suivants (statut CIF), Légifrance
  • Directive européenne MIF 2 (2014/65/UE), transposée en droit français en 2018 — conseil indépendant et rétrocessions
  • AMF / ACPR — guide d'information sur les statuts de conseiller en investissements financiers
  • service-public.fr — fiche « Conseiller en gestion de patrimoine » ; BOFiP-Impôts et article 779 du CGI pour les abattements de donation 2026

Cet article fournit une information générale et ne remplace pas un audit personnalisé par un professionnel inscrit ORIAS. Pour les sujets de succession, de transmission ou d'assurance vie, il ne se substitue pas à l'avis d'un notaire ou d'un avocat fiscaliste. Vérifiez les statuts ORIAS et la convention écrite avant toute souscription : les modes de rémunération et la réglementation évoluent.